L'Ecuillé à Pierrot.

Trail d'Ecuillé-21km-11/12/2009.

Je suis là, suite à un p’tit défi personnel, un orgueil mal placé évidemment : je vais courir Ecuillé…sans m’entrainer à pied ; le vélo, et la nage dans une moindre mesure doivent me le permettre ; j’insiste sur le vélo particulièrement sur les 3 dernières semaines ; ça doit le faire…

 

C’est parti ! après les préparatifs dans une ambiance fiévreuse : je suis venu avec Myriam, ; on est prêts, mais Christine et Michel jouent la montre : on se doute que ça va le faire, justo, mais ça le fait ; on est sur la ligne départ, échauffés…tout juste ; pas grave, on a 21 kms pour ça.

C’est parti !

En première ligne derrière Christine et Michel qui fait le poisson-pilote, le bonnet clignotant sur la tête (plus tard, à 3 reprises, on me signalera que je suis le 2ème père noël, ; signe que :

Il a gardé le bonnet, qu’il fonctionne, qu’il est effectivement passé !

Ils sont en première ligne parce que Christine ambitionne clairement de monter sur la boîte ; je suis avec Myriam, qui elle-aussi brigue une bonne place ; elle aura le fruit de son ambition et de sa peine ! J’accompagne Myriam ; premières centaines de mètres, à l’aise ; ça monte ; je souffle, mais pas Myriam à côté de moi ; bon. On continue ; je me rends vite compte que je suis en résistance, et que  je ne peux pas continuer ainsi ; je m’arrête prendre en photo le premier château, et vite, je fais l’effort de revenir sur Myriam lui dire qu’une fille est derrière elle à 30 mètres ; c’est mon dernier effort, je suis dans le rouge au bout de 2 kms, je lui dis que je continue à mon allure, qu’on se retrouvera à l’arrivée.
C’est parti pour la route seul, je me fais doubler sans arrêt, normal ; c’est long d’arriver à 20’ de course, puis 30’ : là, pause boisson : c’est un délice de s’arrêter !!! ça fait du bien ; je décide d’en faire autant toutes les 30 minutes, ce sera ma récompense de mon cheminement ; j’aurai encore un arrêt à 1h, puis h 30, puis peut-être 2 h (ce sera le cas !) 
Je repars ; l’esprit est accaparé la plupart du temps par la lecture permanente du terrain : où je suis ? à découvert, dans un bois, c’est droit, ça va tourner, ça monte, ça descend, c’est comment ? sec, pas, plat, accidenté, horizontal, de travers ? et à 1 mètre, ya un trou, une racine, un caillou ? Et pour corser le tout, la vision à la frontale gomme le relief ; le plus spectaculaire sera un bref passage sur un monotrace étroit dont la moitié gauche est 20 cm plus élevée que la moitié droite : sensations garanties !
Bref, je soupçonne cette sollicitation permanente d’être la source d’une distraction de l’esprit pour ce qui est infligé au corps ; ce dernier travaille différemment de ce qu’il fait en course sur la route, j’en veux pour preuve les courbatures des jours suivants, cuisses et quadriceps, mais étonnamment pas les mollets ! Il faut de la puissance pour s’extraire constamment d’appuis enfoncés, glissants ou pire encore, collants ! Ce sera le cas pour les filles, aussi ; doucettement, les kilomètres finissent par passer, le plus dur fut pour moi d’arriver à 45 minutes ; dix kilomètres, et déjà l’envie d’en terminer rapidement ; la projection est désagréable, oui, ça ne va pas se faire facilement ; la suite se déroule heureusement comme escompté, des fluctuations de forme tout à fait gérables ; je me fais énormément doubler, mais dans ma tête ce n’est pas une débâcle, je suis bien concentré sur ma course : courir, ne pas s’arrêter en-dehors des arrêts prévus ! je mettrai un point d’honneur à franchir la seule difficulté, une belle bosse, en courant et en doublant deux concurrents ; au bout d’une heure trente, j’éprouve une sensation de jambes de plus en plus lourdes, je ralentis encore, je suis presque à l’arrêt ; un éclair dans ma tête !
Comme à la rochelle, je suis victime d’une hypoxie progressive : je courotte, je respire à l’économie, je m’asphyxie, j’ai mal aux muscles, je ralentis…

Vite, je me mets à respirer à toutes forces, un peu comme Bob, et ça marche, je reprends un rythme un peu plus rapide ; arrivent les derniers kilomètres, ceux qui n’en finissent pas pour les coureurs les plus fatigués ; je double un certain nombre de coureurs qui marchent : ça compense un peu ceux, très nombreux, qui m’ont doublé ! (le résultat final montrera que je suis dans les premiers…en partant de la fin !) ; le son de l’animation nous parvient, et chacun se pose la question : c’est loin encore ?
On progresse sur un monotrace qui n’en finit pas ; puis on sent qu’on arrive vraiment, après un passage assez long en sous-bois ; dernière surprise, réjouissante puisqu’on n’en n’est plus à ça près, un deuxième passa ge de boue, liquide cette fois-ci : cris et rires, et encouragements ! Je franchis en le savourant énormément, le passage d’arrivée : c’était très très  bien à vivre, c’est mon premier, et, je l’espère, pas mon dernier !
Pierrot-pas-fou

Recettes (et match)

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